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Fournier

L’histoire se déroule à la fin des années 1970 dans un dîner ,que j’imagine un peu mondain, qui réunit ce que la culture télévisuelle fait de mieux à l’époque. Parmi les nombreux convives, il y a Pierre Desproges.

Desproges commence à être connu pour être un rigolo peu conventionnel depuis ses passages dans «  Le Petit Rapporteur » de Jacques Martin, toujours trublion de l’audiovisuel. On interroge donc l’humoriste limousin sur ce qu’il regarde à la télévision. Il évoque un programme court diffusé dans l’émission « L’Ile aux Enfants », qui raconte les  non aventures d’un oiseau qui ne sait pas voler ; Desproges évoque le coté désespéré du personnage, il aime beaucoup cela. A l’autre bout de la table, une voix s’élève :

«  Ca s’appelle Antivol, c’est moi qui l’ai créé ! »

 

Moi, c’est Jean Louis Fournier, un réalisateur de télévision qui commence à être un peu connu. Desproges et Fournier deviennent vite amis et s’entendent à merveille, ils inventeront ensembles le personnage du professeur Corbiniou, donnant des conseils idiots aux enfants de la télévision française avant d’enchaîner, dans la même verve sur « la Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède » OVNI télévisuel dont Fournier réalisera les 99 chroniques. C’est lui également qui troussera la dépêche AFP annonçant le décès de Desproges :

« Pierre Desproges est mort d'un cancer. Étonnant non ? ».

 

Depuis les années 90 Jean Louis Fournier s’est tourné vers l’écriture ; de l’excellent : « La Grammaire française et impertinente », véritable précis de grammaire ou l’on apprend le français au travers de verbes du premier groupe comme « péter », pour faire réviser les gamins, c’est un must, à « Veuf », sorti en 2011, Fournier à enchaîné une série de bouquins, tous quand même bien poilant, se voyant remettre le prix Femina en  2008 pour

« Où on va Papa » qui raconte, au vitriol, la vie de l’auteur, père de deux garçons lourdement handicapés.

 

L’écriture de Fournier, son style, sont accessibles à tous, des phrases courtes, un vocabulaire simple, et des sujets souvent poilagrattesques, le petit : « Satané Dieu », édité en 2005, réjouit l’iconoclaste que je suis.

 

Je suis né à mon intelligence, à ma culture, en regardant enfant « Antivol » et «  La Noiraude », autre personnage de Fournier, violemment anti- raciste et anti- connerie, quoique ait pu en comprendre le footballeur Lilian Thuram. Adulte aujourd’hui je déguste avec toujours  autant de bonheur l’œuvre de ce septuagénaire génial, trublion discret, certes, mais tellement incorrect.

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